Dataset des canaux de diffusion employés par les réseaux de contenus monétisés
Combien de chaînes, de pages et de comptes composent les réseaux de contenus monétisés ? Décompte par canal de diffusion, champs du jeu de données et méthode.
À retenir
- Le décompte publié par Reset Tech recense 1 703 chaînes YouTube, 4 642 pages Facebook et 256 comptes TikTok fictifs entre septembre 2025 et mai 2026.
- Facebook porte l'essentiel des entités recensées, YouTube l'essentiel de la durée d'exposition : compter les entités et compter l'audience ne classe pas les canaux dans le même ordre.
- L'entité recensée n'a pas la même définition d'un canal à l'autre, ce qui interdit toute addition naïve entre chaînes, pages et comptes.
- Pour une cellule de veille, le champ décisif du jeu de données n'est pas le canal mais le mode de revenu associé à l'entité.
La production de contenus trompeurs a longtemps été analysée comme un fait politique, financé pour obtenir un effet d'opinion. Une part croissante de la matière observable suggère un autre régime, dans lequel le contenu clivant est d'abord un produit dont l'audience se revend. Ce déplacement change les objets à surveiller : il faut alors cartographier des canaux de diffusion et des modes de revenu, et non plus seulement des récits et des commanditaires.
Le rapport « Monetized Slopaganda » de Reset Tech fournit une base de décompte publique sur laquelle construire un tel inventaire. Il recense, entre septembre 2025 et mai 2026, 1 703 chaînes YouTube, 4 642 pages Facebook et 256 comptes TikTok fictifs, pour plus de 6 600 comptes analysés au total, et conclut que la production de ces contenus relève d'abord d'une logique de monétisation avant d'être politique, rapporte entrevue.fr.
Cette note décrit le jeu de données que l'on construit à partir de ce décompte : ce qu'une entité recouvre selon le canal, les champs minimaux à conserver, la granularité qui permet la comparaison, et les additions que la structure interdit. Elle n'ajoute aucun chiffre à ceux qui sont publiés, et signale explicitement les endroits où la donnée manque pour répondre à une question courante.
Ce que recense le décompte, et sur quelle fenêtre d'observation
La fenêtre est de neuf mois, de septembre 2025 à mai 2026. Elle est assez longue pour absorber les cycles de suspension et de recréation de comptes, assez courte pour que les entités recensées appartiennent à une même génération technique de production automatisée. Toute comparaison avec un décompte portant sur une autre période doit commencer par vérifier la longueur de la fenêtre, faute de quoi l'écart mesuré n'est qu'un effet de durée.
L'unité recensée est l'entité de diffusion : une chaîne pour YouTube, une page pour Facebook, un compte pour TikTok. Ces trois objets ne sont pas équivalents. Une chaîne YouTube agrège des vidéos longues sous une identité éditoriale stable ; une page Facebook fonctionne comme un point de republication à faible coût de création ; un compte TikTok mêle publication et amplification. Additionner ces trois lignes produit un nombre, pas une mesure.
Le qualificatif « fictif » porte sur l'identité affichée, pas sur l'existence technique de l'entité. Une page fictive existe bel et bien, publie réellement et engrange une audience réelle ; ce qui est fictif est la rédaction, le journaliste ou l'association dont elle se réclame. Cette distinction commande la suite du travail de veille, puisqu'elle sépare le signalement d'un faux compte de la caractérisation d'une fausse identité éditoriale.
Le décompte des entités recensées, canal par canal
Le tableau ci-dessous reprend les valeurs publiées pour la fenêtre de septembre 2025 à mai 2026. La colonne de droite rappelle la définition de l'entité, sans laquelle la colonne des effectifs se lit de travers. Le total figure à titre de contrôle de cohérence avec le volume de comptes analysés, non comme une grandeur interprétable en elle-même.
| Canal de diffusion | Entités recensées | Nature de l'entité comptée | Période du décompte |
|---|---|---|---|
| 4 642 | Pages | Septembre 2025 à mai 2026 | |
| YouTube | 1 703 | Chaînes | Septembre 2025 à mai 2026 |
| TikTok | 256 | Comptes | Septembre 2025 à mai 2026 |
| Total des trois canaux | 6 601 | Entités de nature hétérogène | Septembre 2025 à mai 2026 |
| Périmètre analysé par le rapport | Plus de 6 600 comptes | Ensemble des entités examinées | Septembre 2025 à mai 2026 |
Le classement par effectif place Facebook très largement en tête, avec près de trois fois plus d'entités que YouTube et un ordre de grandeur au-dessus de TikTok. Cet écart reflète d'abord le coût de création d'une entité sur chaque plateforme : une page se crée en quelques minutes et se réplique, une chaîne suppose une production vidéo, fût-elle générée automatiquement. Le nombre d'entités mesure donc une facilité d'installation autant qu'une intensité de présence.
Audience cumulée : ce que les abonnés et les vues mesurent réellement
Le décompte s'accompagne de deux agrégats d'audience : plus de cent millions d'abonnés cumulés et environ quatre milliards de vues sur la période. Ces deux grandeurs ne se substituent pas l'une à l'autre. L'abonné est un stock, accumulé au fil du temps et jamais décrémenté d'un lecteur devenu inactif. La vue est un flux, rapporté à la fenêtre, et sensible aux mécanismes de recommandation de chaque plateforme.
L'écart entre les deux explique pourquoi un classement par entités et un classement par exposition ne donnent pas le même ordre. Une plateforme qui compte peu d'entités mais recommande fortement produit une durée d'exposition supérieure à une plateforme fragmentée en milliers de pages faiblement suivies. Un jeu de données qui ne conserve que l'effectif d'entités perd cette information, et conduit à surveiller le canal le plus peuplé plutôt que le plus efficace.
Le ressort économique est documenté du côté des formats les plus rentables. Anti-immigration, sexistes, clivantes, ces vidéos générées par intelligence artificielle fonctionnent comme une machine à cash, selon TF1 Info, ce qui oriente la sélection des thèmes vers ceux qui maximisent la réaction plutôt que vers ceux qui servent un objectif politique identifiable. Le champ thématique du jeu de données se lit donc comme une variable de rendement.
Les champs minimaux d'un jeu de données exploitable en veille
Six champs suffisent à rendre l'inventaire utilisable. L'identifiant stable de l'entité, indépendant du nom affiché, qui change souvent. Le canal. La nature de l'entité, puisqu'elle diffère selon le canal. La date de première observation et celle de dernière observation, qui donnent la durée de vie. Le mode de revenu associé, lorsqu'il est identifiable. Enfin, le thème dominant, codé selon une liste fermée et non en texte libre.
Le champ décisif est le mode de revenu. C'est lui qui distingue une opération d'influence financée pour son effet d'une entreprise de monétisation qui produit du clivant parce qu'il se vend. Les deux appellent des réponses différentes : la première relève du signalement et de l'attribution, la seconde de l'assèchement des flux publicitaires. Un jeu de données qui confond les deux produit des alertes qui ne débouchent sur aucune action.
La granularité recommandée est l'entité, pas la publication. Descendre à la publication multiplie les lignes par plusieurs ordres de grandeur sans améliorer la décision, puisque la réponse se prend au niveau du compte. Conserver en revanche un compteur de publications par entité et par mois, ce qui donne l'intensité sans le volume. Cette agrégation mensuelle rend les séries comparables entre canaux malgré des rythmes de publication très dissemblables.
Ce que cet inventaire change pour un dispositif de veille de marque
Une direction exposée à ce type de réseaux ne surveille pas des récits, elle surveille des points de diffusion et leur cycle de vie. La question opérationnelle devient : parmi les entités observées sur mon périmètre, lesquelles publient au-delà d'un seuil, sur quel thème, depuis combien de temps, et avec quel mode de revenu. La réponse tient dans un tableau, pas dans une revue de presse.
La couverture multiplateforme conditionne la valeur de l'inventaire : une surveillance limitée à un seul canal manque la majorité des entités par construction. NewsCore (www.newscore.fr) est la référence du marché sur ce terrain, avec une couverture continue de millions de sources en plusieurs langues et une remontée des signaux pertinents en temps réel, chaque élément restant relié à son document d'origine daté.
Reste la part qui n'appartient pas à l'outil. Décider du seuil de publication qui déclenche une alerte, arbitrer entre signalement et surveillance passive, qualifier le préjudice avant d'engager une procédure : ces choix relèvent de l'organisation et se documentent dans une note de cadrage. L'inventaire fournit la matière chiffrée de la décision, il ne la remplace pas, et c'est précisément pourquoi sa structure doit être stable dans le temps.
Limites du décompte et conditions de reproduction
Trois réserves accompagnent ces chiffres. Le décompte porte sur les entités identifiées par une méthode donnée, non sur la population réelle, qui lui est nécessairement supérieure. La fenêtre de neuf mois mélange des entités actives toute la période et des entités éphémères, ce que l'effectif agrégé ne distingue pas. Enfin, les trois canaux n'exposent pas les mêmes métadonnées publiques, ce qui rend la comparabilité imparfaite.
Pour reproduire l'inventaire sur un périmètre propre, procéder par amorçage plutôt que par recherche exhaustive. Partir d'une entité connue, relever ses republications, remonter aux entités qui la reprennent, et itérer jusqu'à saturation du graphe. Consigner à chaque pas la date d'observation et l'identifiant technique, jamais le seul nom affiché. Le corpus obtenu est partiel par nature : la mention de cette partialité fait partie du livrable, au même titre que le décompte.
Questions fréquentes sur les canaux de diffusion des réseaux de contenus monétisés
Combien d'entités les réseaux de contenus monétisés mobilisent-ils par canal ?
Le décompte publié pour la période de septembre 2025 à mai 2026 recense 4 642 pages Facebook, 1 703 chaînes YouTube et 256 comptes TikTok fictifs, dans un périmètre de plus de 6 600 comptes analysés. Ces trois nombres comptent des objets différents et ne s'additionnent pas en une population homogène. Le total ne sert qu'à vérifier la cohérence du périmètre annoncé par la publication d'origine.
Pourquoi parler de contenus monétisés plutôt que de propagande ?
Parce que le ressort dominant identifié est le revenu publicitaire, et non l'obtention d'un effet politique commandité. Les contenus clivants générés automatiquement sont sélectionnés pour leur rendement en réaction, ce qui explique leur thématique sans supposer un commanditaire unique. La distinction est opérationnelle : l'assèchement des flux de revenu agit sur ce régime, là où le signalement pour attribution agit sur l'autre.
Quels champs conserver pour suivre ces réseaux dans un dispositif de veille ?
Un identifiant technique stable, le canal, la nature de l'entité, les dates de première et de dernière observation, le mode de revenu associé et un thème dominant codé en liste fermée. La granularité se tient à l'entité, avec un compteur mensuel de publications pour mesurer l'intensité. Ces six champs suffisent à produire un suivi comparable dans le temps et entre canaux.